Nos agriculteurs n’ont pas besoin d’être des savants … Ah ouai !?

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Point de vue.

De nombreux agriculteurs n’ont probablement pas lu le nouveau rapport des Nations Unies … ils ne lisent jamais ! … L’Organisation a mis en garde contre les menaces pesant sur l’approvisionnement alimentaire mondial résultant du changement climatique et de la mauvaise utilisation des terres. Mais nous n’avons pas besoin d’être des scientifiques, nous la vivons.

En Algérie, l’un des pays … théoriquement … agricoles le plus productives au monde, on ne discute plus beaucoup du fait que le climat change. Nous avons peu d’eau de surface pour l’irrigation et la nappe phréatique est tellement mal gérée que la terre s’est enfoncée sous nos pieds.

Les températures dans quelques régions du pays, dans les environs, ont atteint 45° C ou plus le mois dernier, soit 10 degrés tout au plus par apport aux années 80′, est devenue le mois le plus chaud jamais enregistré, frôlant même les 50° C. Il est difficile d’ignorer la chaleur, quand vous et vos proches tentent de réparer un tracteur brisé ou de récolter des tomates, ou des pastèques, par exemple, sous un feu ardent. Nos sols se réchauffent à mesure que le monde se réchauffe, ce qui rend plus difficile l’obtention de l’eau nécessaire aux plantes assoiffées.

Le brouillard caractéristique des vallées algériennes est également en train de disparaître et les hivers se gèlent ou se réchauffent. Les rendements de nombreux fruits à noyau et noix qui nourrissent le pays sont en baisse, car les arbres ont besoin d’hivers froids et ces brouillards, emprisonnent l’air frais dans les vallées. Les hivers chauds menacent également le manteau neigeux des hauts montagnes, qui fournit 30% de l’eau de l’Algérie. Nous avons eu un bon hiver humide cette année, mais il y a quelques années, le manteau neigeux était à son plus bas niveau. Nous nous inquiétons également du fait que les feux de forêt enregistrés en Algérie l’année dernière et cette année sont en net augmentation.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques des Nations Unies renforce notre inquiétude. Il met en garde contre la baisse des rendements alimentaires, l’instabilité des approvisionnements en nourriture, l’érosion accrue des sols et les menaces sur la disponibilité de l’eau dans les décennies à venir. Le système mondial d’approvisionnement alimentaire est un contributeur majeur aux gaz à effet de serre qui réchauffent la planète, a ajouté le rapport. Comme le signalait jeudi le Times, sans une « action à grande échelle », le réchauffement climatique intensifiera « les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur, les incendies de forêt et autres phénomènes météorologiques » et accélérera « le taux de perte et de dégradation des sols ».

La bonne nouvelle est que les innovations ne manquent pas, de quelques personnes, dans le monde agricole dézédiste, peuvent faire partie de la solution … je parle d’une innovation agricole soumise par une société domicilié dans la wilaya de Tlemcen où ils proposent de cultiver un grand panel de légumes, de fruits et d’herbes aromatiques toute l’année et en hors saison, s’il vous plait … projet validé par l’ex-wali de Tlemcen, Mr. Ahmed Abdelhafid Saci, actuel premier responsable de la wilaya de Sidi Bel Abbes … puis … zappé, depuis, par un successeur incompétent. Je disais donc, ce projet utilise moins d’eau, soit 5 000 litres tout les 20 jours (au lieu des 10 000 litres utilisés par un seul fellah) … le porteur du projet avait affirmé que l’air est une ressource d’eau inépuisable, soit 3 600 000 litres par jours … oui, 3 millions et 600 000 litres ! c’est énorme … vraiment énorme … les solutions ne manquent pas … zide, autres solutions pour permettre au sol de récupérer … zide, autres solutions pour produire de l’énergie à l’infinie ou presque … zide pas de pesticides ni fongicides … ni de … ni de … ni de … zide … zide … zide ! que voulez-vous de plus !!

Bref, j’essaye de vous expliquer, qu’en Algérie il y’a des lumières, des têtes pensantes et qu’il est indispensable de prendre soin de la santé de notre sol et nous continuerons à apprendre à mieux le faire, avec de la bonne volonté. Un sol ça vie … un sol vivant contient beaucoup de matière organique absorbe et retient plus d’eau et de nutriments, retient plus de terre arable et produit des plantes en meilleure santé qui survivent aux pressions croissantes des parasites et des maladies.

Après la récolte de nos cultures d’automne ou autres saisons, nous utilisons maintenant des cultures de couverture qui renvoient du carbone et de l’azote au sol et nourrissent les microbes et les champignons essentiels à une écologie du sol vivant. Les plantes et les organismes du sol travaillent ensemble pour extraire le carbone de l’atmosphère et le faire descendre dans la zone racinaire. Nous minimisons les perturbations de nos terres en réduisant le travail du sol, ce qui protège ces micro-organismes et maintient le carbone dans le sol, là où il appartient. Plutôt que d’être une source d’émission de carbone, les exploitations agricoles pourraient stocker le carbone là où il est nécessaire de produire de la nourriture.

La société ou le porteur de projet expérimente constamment de nouvelles approches pour maintenir les sols en bonne santé et produire plus … en bio … sans intervenant. Il fait partie d’un groupe de travail avec des universitaires japonais, hollandais et bien évidement allemand et russes, et quelques fermes nouvellement nées, où nous découvrons la science et partageons les succès et les échecs avec d’autres agriculteurs consciencieux. La recherche et l’éducation comme celle-ci sont essentielles pour les agriculteurs qui sont trop occupés à cultiver des aliments pour se tenir au courant des dernières avancées scientifiques et technologiques.

La science montre clairement les défis auxquels l’agriculture est confrontée et deviendront de plus en plus difficiles et imprévisibles. Les agriculteurs auront besoin de plus d’incitations financières pour adopter des pratiques, encourageant la conservation des sols et de l’eau en bonne santé, comme des subventions gouvernementales ou des accords de partage des coûts. Ce type de soutien permettrait de réduire les coûts et les risques auxquels sont confrontés les agriculteurs, dit scientifiques, Oulama, qui essaient de nouvelles méthodes de production respectueuses du climat. Grâce à une science de pointe, à des innovations et à des politiques publiques judicieuses et compétents, les agriculteurs d’ici et d’ailleurs, en Afrique, en Chine ou aux États-Unis peuvent travailler pour que ce dernier avertissement concernant le réchauffement de la planète ne devienne pas une réalité.

Nos agriculteurs n’ont pas besoin d’être des savants … ah ouai !? … vraiment … !?

Bon vent !

Londres | Omar Brixi.

Une version de cet article a été imprimée le 09 Août 2019, section A, page 07 de l’édition Djazairy opinion sous le titre de: Nos agriculteurs n’ont pas besoin d’être des savants … Ah ouai !?. Commande de réimpressions | PDF | Souscrire

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